Relation entre la résistance à l’insuline et les variables métaboliques reliées et la maladie coronarienne : une analyse mathématique
Objectif
Les personnes qui ont le diabète ont un risque accru d’être atteintes de maladie cardiovasculaire. Une question qui était encore sans réponse est : quelle proportion de la maladie cardiovasculaire peut être attribuée à la résistance à l’insuline, aux variables métaboliques et aux autres facteurs de risque connus de maladie coronarienne.
Modèle de recherche et méthodologie
Le modèle Archimède a été utilisé pour estimer la proportion d’infarctus du myocarde qui serait prévenue en maintenant la résistance à l’insuline et d’autres facteurs de risque à un niveau sain. Des données spécifiques sur les individus du National Health and Nutrition Examination Survey de 1998-2004 ont été utilisées pour créer une population représentative des jeunes adultes aux États-Unis. Cette population a ensuite été entrée dans une série d’essais cliniques simulés pour explorer les effets de chaque facteur de risque. Chaque essai clinique avait une section de contrôle (sans intervention) et une section traitement. L’essai clinique a perduré pendant 60 ans. Les effets des « traitements » de chaque facteur de risque offrent un estimé de leur impact sur la maladie cardiovasculaire.
Résultats
Chez les jeunes adultes, empêcher la survenue de la résistance à l’insuline préviendrait environ 42% des infarctus du cœur. Le deuxième déterminant en importance pour la maladie cardiaque est l’hypertension artérielle systolique, dont la prévention réduirait d’environ 36% l’incidence d’un infarctus du cœur. Les autres déterminants sont, en ordre d’importance : le cholestérol HDL (le bon cholestérol) à 31%, l’indice de masse corporelle (IMC) à 21%, le cholestérol LDL (le mauvais cholestérol) à 16%, les triglycérides à 10%, le glucose sanguin à jeun et le tabagisme, chacun autour de 9%, et les antécédents familiaux, à 4%.
Conclusions
La résistance à l’insuline est possiblement LA cause première de la maladie coronarienne. Une meilleure compréhension de sa pathogenèse et de la façon dont elle pourrait être prévenue ou guérie pourrait avoir un impact profond sur la maladie cardiovasculaire.
David Eddy, MD, PHD,1 Len Schlessinger, PHD,1 Richard Kahn, PHD,2 Barbara Peskin, PHD,1 and Rick Schiebinger, MD3
Publié dans : Diabetes Care. 2009 Feb; 32(2): 361–366. doi: 10.2337/dc08-0854